Une fois n’est pas coutume, nous allons commencer le propos de ce blog en résumant un entretien paru dans le journal n°472 de Pour la Science publié en février 2017 (1). Il s’agit d’un entretien avec le professeur de sociologie Gérald Bronner au sujet de l’influence d’internet auprès des conspirationnistes. Les propos de M Bronner ont été recueilli par M Maurice Mashaal. Dans les paragraphes suivants une partie des propos seront copiés à partir de l’entretien afin d’illustrer mes critiques, toutefois, je vous invite à lire l’entretien en entier pour faire votre propre opinion. En effet, M Bronner n’est pas un défenseur de la censure d’internet, mais ses propos me semblent intéressants car ils conduisent malgré cela à justifier une censure d’internet en s’appuyant sur une partie de son argumentation qui est discutable. Ainsi, je vais reprendre une partie de ses propos (écrit en gras) afin de vous montrer que même M Bronner (ou en tout cas ses « propos » relayés dans un journal à vocation scientifique) peut souffrir des mêmes « mots » que les conspirationnistes.

Photo du Professeur Gérald Bronner, (source: http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/nous-sommes-rentres-dans-une-societe-de-la-mefiance-previent-gerald-bronner-7781795564)
Le début de l’entretien est correcte. La première question fait référence aux articles de Walter Quattrociocchi qui analysent les données accessibles publiquement sur internet pour analyser le comportement des conspirationnistes (que j’appellerai conspi) sur les réseaux sociaux. Ces analyses tendent à montrer que, selon M Bronner: « elles corroborent l’amplification par internet du biais de confirmation et de l’autoenfermement cognitif qui en résulte (point souligné notamment dans mon livre La Démocratie des crédules). Et elles montrent que cela est valable tant pour les partisans de théories conspirationnistes que pour les autres catégories d’internautes.» Donc ici, nous avons une distinction entre les conspi et les autres internautes. Cette distinction se justifie par le sujet de l’article et des papiers précédemment cités. Toutefois, on retrouve dans le paragraphe suivant le terme de « nébuleuse conspirationniste », terme passe-partout relevant plus du mème que d’un langage critique pertinent. La seconde question aborde le problème qu’ont les conspi a renié tout argument pertinent qui ne vont pas dans leurs sens : « Faut-il alors renoncer à démentir les idées fausses qui circulent ? » Réponses de M Bronner : « Pas du tout. » ; suivi d’une autre réponse : « la croyance peut s’effondrer sous les coups de butoir de la réalité ». Cette réponse est intéressante puisqu’on aborde pour la première fois la notion de réalité, qui par sa nature s’oppose aisément à internet, qui est de nature virtuelle. Ainsi on peut en déduire que les conspi peuvent abandonner leurs croyances face à la réalité du monde qui les entourent. Mais je m’avance de trop, car M Bronner nuance aussitôt son propos en parlant des indécis qui risquent de se laisser influencer par les idées fausses si on ne les combat pas : « Pour la population des indécis, et notamment pour les jeunes, dont les opinions et la vision du monde sont encore malléables, et le sens critique encore faible, il est donc fondamental d’apporter la contradiction. Même si c’est un travail de Sisyphe. » C’est vrai, les jeunes sont innocents et par conséquent prêt à entendre et croire tout et n’importe quoi. Ils n’ont pas encore été trop confronté à la réalité du fait de leur jeune âge. Toutefois, je trouve M Bronner un tantinet pessimiste avec son travail de Sisyphe. Après tout, selon la mythologie grecque, Sisyphe était condamné dans les enfers à pousser un rocher en haut d’une colline, entreprise qui était voué à l’échec car le rocher finissait toujours par rouler en bas de la colline. Il s’agissait d’une punition divine à l’encontre de Sisyphe, un travail de part sa nature insurmontable. Je ne pense pas qu’apporter la contradiction soit quelque-chose d’insurmontable, sans oublier que la réalité nous aidera à combattre les fausses croyances. Donc, cette expression me semble un brin excessive, ce qui montre soit que M Bronner utilise des termes qu’il ne maîtrise pas, soit qu’il essaye de convaincre de manière un peu abrupte son interviewer, ou soit que M Maashall n’a pas rapporté ses propos exacts mais les a modifié pour pouvoir retranscrire le plus exactement possible les propos de son interlocuteur (et il peut les avoir compris de travers). Ce point est important car les mots et expressions utilisés (surtout dans un journal à vocation scientifique) se doivent d’être précis et pertinents. Néanmoins, bien que certaines expressions semblent maladroites, on peut accorder le bénéfice du doute. Continuons.
Les deux questions suivantes concernent des questions précises au sujet de certains outils utilisés en sociologie. N’étant pas expert dans ce domaine, je ne discuterai pas les réponses de M Bronner qui y répond de manière experte et intéressante (à mon humble avis). Puis la question suivante revient sur les théories du complot : « Pour en revenir aux théories du complot et aux fausses informations, elles ont toujours existé. Que change internet à l’affaire ? » Voici la réponse complète de M Bronner : « Internet est une technique qui change la donne, c’est sûr. D’abord, ces points de vue marginaux existaient avant, mais ils étaient confinés dans des espaces de radicalité et étaient refoulés à l’entrée du marché de l’information, par les professionnels de ce domaine. Ce marché est dérégulé, ce qui permet à tous les points de vue de s’exprimer sur la place publique. Les « coût d’entrée » sur le marché de l’information sont devenus quasi nuls, de sorte qu’aujourd’hui n’importe quel individu peut l’alimenter, pour le meilleur ou pour le pire. » Ses propos me semblent difficile à contredire, d’autant plus que je suis d’accord avec eux. Toutefois, je tiens à souligner les termes utilisés comme « marché de l’information », « professionnels de ce domaine », « marché dérégulé » et « expression sur la place publique ». Je suppose que les professionnels du domaine de l’information sont les journalistes des médias classiques (télé, journaux, etc..). Selon ses dires, ces professionnels choisissaient les informations (points de vue) qui leurs semblaient pertinent d’être diffusées ou pas. Cette étape de filtre n’est plus assuré par internet où tout le monde peut s’exprimer librement. Ici, en abordant les termes de marché, coût d’entrée, dérégulation (qu’on peut rattacher à la notion d’ultralibéralisme) et professionnels, on peut rattacher une connotation économique à ses propos, ce qui peut conduire à une interprétation des propos différente selon notre sensibilité. Si je souhaite démontrer que M Bronner est un individu soumis à une idéologie capitaliste, je peux ainsi démontrer qu’il utilise naturellement un ensemble de notions dans son discours utilisé par le capitalisme libéral. Mais ceci serait malhonnête de ma part, car il peut simplement s’agir du jargon de la sociologie appliqué dans certains domaines de leur recherche. Et comme je ne suis pas sociologue, j’en reste là.
Reprenons : « Un autre point est qu’internet permet d’accumuler des argumentaires, alors que jadis la diffusion par le bouche-à-oreille limitait le volume d’arguments, en raison des limitations de la mémoire humaine. » Bon, selon M Bronner, apparemment avant internet, les gens se contentaient juste de mémoriser les arguments et étaient donc naturellement limités par leurs mémoires. Donc l’humanité n’a jamais pensé à écrire ses arguments pour les confiner dans un espace matérielle pérenne et le retransmettre aux autres générations. Apparemment, M Bronner n’a jamais accumulé des arguments dans un livre. Reprenons : « Cela rend plus performantes les théories du complot et autres rumeurs infondées. Les conséquences sont mesurables. Par exemple, vers 2000, environ 9 % de nos concitoyens étaient méfiants vis-à-vis des vaccins ; aujourd’hui, ils sont prêts de 40 %! Même si corrélation ne signifie pas causalité, on peut difficilement douter qu’internet fertilise l’empire des croyances. » Ici, M Bronner souligne un problème bien connu des statisticiens, à savoir que la corrélation entre des événements observés ne signifie pas forcément qu’il y a un effet de cause à conséquence. Cette nuance est importante. Toutefois, il insiste sur le fait qu’internet serait à l’origine de la fertilité des croyances des gens, dont notamment leur méfiance vis-à-vis des vaccins. Cela me semble être une vision limitée. Entre 2000 et 2017, on peut expliquer l’augmentation de la méfiance vis-à-vis des vaccins n’ont pas à cause d’internet, mais simplement à cause des campagnes médiatiques de vaccination qui ont eu lieu pendant cette période. Apparemment M Bronner a oublié les reportages anxiogènes des médias classiques pendant la grippe aviaire où on avait droit à des reportages au journal de 20h à chaque fois qu’un ou deux cygnes mourraient dans des zones de repos de milliers d’oiseaux migrateurs. Au début des années 2000, les politiques, relayés par les médias classiques, nous promettaient l’arrivé d’une grande pandémie humaine. Cette promesse apocalyptique ayant atteint son paroxysme en 2009, où environ 100 millions de vaccins ont été commandé dans le cadre d’une campagne de vaccination de la totalité de la population française contre le virus H1N1. Cette hystérie médiatique, assénée pendant plusieurs jours, n’a pas réussi à convaincre la majorité de la population d’aller se faire vacciner. Au final, le nombre de personnes mortes suite à H1N1 fut largement inférieur au nombre de morts annuels de la grippe. Ayant été témoins de cette campagne, il me semble malhonnête de la part de M Bronner d’attribuer la méfiance des vaccins aux fausses croyances véhiculaient par internet, car la population française a bien vu une réelle campagne de vaccination mise en place pour affronter une épidémie qui n’aura jamais réellement pointé le bout de son nez. En vérité, 40 % me semble peu, car plus de 50 % des français continuent à faire confiance aux vaccins, et ceci malgré la gestion politique et médiatique aberrante de certaines « pandémies ».
La question suivante aborde la méfiance vis-à-vis des autorités politiques et technocratiques. M Bronner acquiesce sur ce point avant d’ajouter l’effet de loupe d’internet qui donne une plus grande visibilités de n’importe quelle information compromettante (corruption, malversations, etc.) des autorités politiques et technocratiques. Il conclut que cela contribue au biais cognitif, à savoir que l’individu tend à croire que plus un phénomène est visible, plus il est représentatif. Pourquoi pas ? Mais j’aimerai qu’on ajoute aussi que cette méfiance peut être due aussi à l’incompétence des autorités politiques et technocratiques. Quand les gens reçoivent des leçons de morale d’un ministre dont il s’avèrera qu’il a caché une partie de son argent en Suisse et qu’il a menti directement au représentant suprême des français (Mister President Holland), il me semble logique qu’après avoir assisté à ce genre de scène, une partie de la population deviennent méfiants vis-à-vis d’individus qui sont incapables de repérer des brebis galeuses dans leur rang. Donc internet n’est pas la seule explication possible. A ce stade de l’entretien, on commence à percevoir une volonté infaillible de M Bronner pour prouver la responsabilité d’internet dans la méfiance qu’éprouve une partie de la population vis-à-vis d’un certain nombre arguments issues d’autorités publiques; ces méfiances conduisant à l’apparition de « fausses » croyances, puis à leurs disséminations sur la toile.
Abordons, maintenant la dernière partie où M Bronner commence à expliquer l’intérêt de lutter contre les théories conspirationnistes. « Il y a un lien fort entre la croyance aux théories du complot et la radicalité, l’extrémisme politique en particulier. On constate ainsi qu’il y a peu de terroristes djihadistes qui n’ont pas cédés aux théories conspirationnistes. De même, aux Etats-Unis, les tueurs de masse sont souvent des personnes qui ont été influencées par de telles théories. Il ne faut pas minimiser l’impact de ces théories sur le comportement des gens. Elles proposent en effet une lecture totalement manichéenne du monde, dont des « méchants » tireraient les ficelles. Si l’on y croit, on a envie de retourner la table, ça se comprend ! ». Vous vous rappelez un peu plus tôt quand M Bronner disait que « corrélation ne signifie pas causalité », bon apparemment il l’a oublié, mais on ne peut lui en vouloir « en raison des limitations de la mémoire humaine ». Cette dernière phrase est dangereuse car elle sous-entend, quand on la relie aux phrases précédentes, que des individus sont devenus violents car ils ont cédés à la vision du monde des théories conspirationnistes. Pourtant, aucune étude ne confirme cela. Une autre hypothèse est de dire que les gens qui commettent des meurtres sont des individus mal dans leur peau, que les gens qui croient aux théories conspirationnistes sont également des individus mal dans leur peau, et par conséquent la probabilité qu’un individu commettant des meurtres croit aux théories conspirationnistes est plus importante à cause du mal-être partagé de ces deux populations d’individus. On peut aussi supposer que les individus ayant des pulsions de meurtres cherchent à travers les théories conspirationnistes une justification de leurs pulsions, mais dans ce cas, on peut aussi imaginer que plus leurs pulsions sont fortes, plus ils seront prêt à accepter n’importe quelle croyance (quitte à en créer) pour justifier leurs actes. Et par conséquent, lutter contre les théories conspirationnistes n’empêchera pas les meurtres de masse, car ces meurtriers trouveront toujours une croyance pour justifier leurs actes. Ainsi, un grand nombre d’hypothèses peuvent expliquer une corrélation entre les gens qui commettent des meurtres et ceux qui croient en des théories conspirationnistes sans qu’il y ait la moindre hiérarchie de cause à effet. « Corrélation ne signifie pas causalité ».
Dans les questions suivantes, une autre expression de M Bronner semble aussi inadapté. Il dit que « les conspirationnistes adoptent des positions non réfutables. En science, c’est le contraire : aucune théorie n’y survit si elle n’est pas réfutable. », pour ensuite par conclure : « C’est un mode de raisonnement (des conspirationnistes) très éloigné de celui de la science, le domaine le plus exigeant en matière de quête de la vérité ». Si on peut dire que les conspirationnistes adoptent des positions non réfutables (ce qui semblent être le cas d’après les diverses études), dire que la science élimine les théories non réfutable est stupide. Par exemple, la théorie des cordes est tellement parfaite dans sa démonstration qu’il devient quasiment impossible de la réfuter en l’absence de preuve. D’ailleurs c’est un des reproches fait à cette théorie, mais cela n’empêche pas un grand nombre de physiciens qui croient en cette théorie de la défendre et de chercher à la prouver. Donc une théorie scientifique peut très bien survivre même si elle n’est pas réfutable tant que des scientifiques croient en sa véracité. D’où la question, est-ce que la théorie de cordes est une véritable théorie scientifique car démontrée mathématiquement ou une croyance scientifique qui doit être validée expérimentalement ? Opposer la science aux théories conspirationnistes en se basant uniquement sur le fait que la science détient la vérité et qu’une théorie conspirationniste n’est qu’une croyance me semble voué à l’échec.
La dernière question est de savoir ce que préconise M Bronner pour lutter contre la désinformation à laquelle il répond : « De façon générale, il faut réguler le marché de l’information qu’internet a déréglé. Il ne s’agit pas de censurer, ce qui serait liberticide, mais de contrebalancer le fait que les tenants de nombre de forme de crédulité s’expriment beaucoup plus que les autres et qu’ils occupent par conséquent une trop grande place. En d’autres termes, il faut rétablir une forme d’équilibre. Et pour se faire, un point central est l’architecture des choix proposés aux internautes, point sur lequel les géants du Web sont à même d’intervenir. Il faudrait aussi que chacun essaie d’être responsable. Notamment, ceux qui se taisent devraient s’exprimer davantage.» M Bronner est contre la censure, grand bien lui fasse, mais il souhaite une régulation du marché de l’information qu’internet a « déréglé ». Je suppose qu’il souhaite une régulation sur internet uniquement car les informations dans les médias classique (télé, journaux, etc.) font rarement l’apologie des théories conspirationnistes. D’ailleurs, quand il parle d’équilibre, sous-entend-il qu’internet laisse trop de place aux théories conspirationnistes. Peut-être, mais les médias classiques y laissent peu de place, donc il y a également un déséquilibre dans les médias classiques. C’est d’ailleurs pour cela, comme internet laisse le droit à chacun de s’exprimer librement, que l’on retrouve tout un ensemble de théories aussi bien intéressantes et pertinentes que farfelues fleurir sur la toile. Dans ce cas, qui sera apte à tracer la ligne entre une théorie conspirationniste d’une autre théorie non-conspirationniste ? Sur quelle critère ces choix se feront ? De même, en quoi ceux qui se taisent, si on les oblige à s’exprimer davantage, prendront ils parti de lutter contre les théories conspi ? Peut-être qu’ils se foutent tout simplement d’une partie des débats présents sur internet. Rien ne nous oblige, pour le moment, de perdre notre temps de loisirs a essayé de convaincre un conspi que vous n’avez, depuis votre naissance, jamais croisé un reptilien. Est-ce que cela fait de moi un irresponsable de ne pas rentrer dans ce genre de débat que je trouve absurde ? De plus, quantité ne rime pas avec la qualité. Et puis, finalement peut-être qu’à force de trop s’intéresser aux théories conspi et aux croyances sur internet, M Bronner souffre lui aussi de biais cognitif. A la différence des autres médias, la recherche sur internet est toujours active, les gens cherchent eux même des informations sur un sujet précis, à l’opposé des médias classique où en général, ce sont les professionnels de l’information qui choisissent les sujets. Peut-être que tout simplement, les gens veulent avoir des informations différentes de celle qu’elles entendent ou lisent à longueur de journée, et internet est l’outil adéquat pour cela. Vouloir le réguler signifie tout simplement enlever la liberté de choix à travers l’ensemble des médias que nous avons actuellement.

Voici un image d’un reptilien pour ceux qui ne connaissent pas. Cet image provient du site http://www.nouvelordremondial.cc/2017/02/03/cobra-3-fevrier-2017-les-dracos-arrivent-pour-manger-vos-bebes/
D’ailleurs la conclusion de l’entretien est très intéressante : « Face à internet, le défi est que les individus soient suffisamment éclairés et critiques pour être capables de s’orienter dans le marché de l’information » C’est-à-dire ? Aller dans le même sens que M Bronner? Pourquoi rejeter toujours la faute sur internet ? Est-ce un moyen pour les individus « éclairés » de se dédouaner face aux conséquences de leur échec ? Les gens sont-ils stupide à ce point qu’ils préféreront se référer aux informations présentes dans un réseau virtuel plutôt qu’à celles obtenues dans leurs vies réelles. N’est-ce pas plutôt une partie des élites qui se trompe sur le désir et le besoin réel des populations, et finalement les poussent à aller voir ailleurs, quitte à engendrer de nouvelles croyances ?
Bien sûr, on peut dire que je suis trop dur avec M Bronner, et que cela n’est qu’un point de vu. Le problème est que l’on demande souvent son avis à M Bronner en tant qu’expert dans de nombreux médias classiques. Ainsi il écrit des articles dans « Pour la Science », « Marianne », etc. Il est donc une référence française dans la sociologie. On s’aperçoit au cours de cet interview qu’il interprète des données recueillies d’une manière me faisant soupçonner un biais cognitif ; les données sont probablement justes, mais leurs interprétations par M Bronner laissent à désirer. Mais, du fait de son « expertise », il peut influencer l’importance de la mise en place des lois de régulation d’internet en leur offrant une démonstration de vérité scientifique plus que discutable. D’ailleurs, en ce moment, il est débattu au sein du gouvernement une loi visant à dénoncer les sites anti-IVG et les réguler (http://www.marianne.net/ivg-extension-du-delit-entrave-adoptee-au-senat-100249917.html). Cette loi, de part son interprétation, donne le droit au gouvernement de censurer des sites qui ne se disent pas suffisamment anti-IVG. Bien sûr, selon leur argument, cette loi s’inscrit dans un logique d’équilibre d’affichage de sites pro-IVG et anti-IVG (apparemment le site du gouvernement n’était pas assez visible). De même, des journaux, comme le monde (via le décodex), se permettent de faire leurs listes de site d’information présent sur Internet et de les catégoriser selon que leurs sources sont fiables ou pas, toujours dans l’optique d’éclairer l’internaute. Ainsi la régulation est en marche, avec en tête de prou le gouvernement et certains médias classiques. Bien sûr, il ne s’agit pas de censure à proprement parler, mais quand on commence à faire des listes d’indésirables, cela n’est pas très bon signe.

Voici le professeur Henri Joyeux… un dangereux conspi…, (source: https://professeur-joyeux.com/)
Pour finir sur ce sujet, je vais aborder une victoire des conspi emmenés par le Professeur Henri Joyeux (avec site défini comme indésirable selon le décodex du monde). Ce médecin (dont la radiation est actuellement en cours) s’est opposé à l’utilisation de certains vaccins en argumentant d’après les résultats de diverses études (dont la pertinence de certaines est sujet à caution). Toutefois, le conseil de l’état lui a donné raison sur un sujet, à savoir le droit pour les français d’avoir uniquement à administrer les vaccins obligatoires DTP à leurs enfants et refuser les vaccins non-obligatoires. Le problème étant que le vaccin obligatoire DTP (diphérie, tétanos et Polio) n’est disponible qu’en association avec deux autres vaccins non obligatoires. Pensant qu’il n’est pas nécessaire de vacciner contre des maladies ne présentant pas de danger majeur pour le jeune enfant, M Joyeux voulait que l’on puisse de nouveau retrouver le vaccin DTP non associés aux deux autres vaccins afin que les parents puissent avoir le choix de ne pas vacciner leurs enfants avec les deux vaccins non-obligatoire. Grâce à internet, il a pu recueillir un grand nombre de signatures de parents partageant son point de vue, et également d’entamer une action en justice. Les médias classiques, ne comprenant pas la démarche, ont commencé à s’inquiéter de la recrudescence des anti-vaccins dans la population. Mais finalement, M Joyeux a obtenu gain de cause au conseil de l’état, qui a argumenté que si l’état décide que des vaccins sont obligatoires et que les parents doivent se soumettre à la loi sous peine d’amende et de prison, c’est à l’état de tout mettre en place pour que la loi soit applicable. C’est à dire de permettre aux parents de refuser la vaccination de vaccins non-obligatoire (liberté d’opinion des parents dans ce cas) tout en leur permettant d’administrer les vaccins DTP obligatoire sans être hors-la-loi (2, 3). M Joyeux fait parti des conspis, mais sa pétition était définie clairement et n’est en aucun cas un faire-valoir à ses arguments anti-vaccin. Sa pétition rapportait clairement un dysfonctionnement étatique dans l’obligation de vaccination des enfants contre certaines maladies, dysfonctionnement reconnu par le conseil de l’état. Pensez-vous réellement qu’il aurait pu réunir autant de signatures tout en sachant qu’il ne bénéficie pas des médias classiques au cas où sa démarche aurait été régulé sur internet ? Comme quoi, malgré leurs théories farfelues, les conspis sont aussi parfois des citoyens sentinelles veillant à la bonne marche de notre monde et à la santé de nos enfants. N’oubliez pas la liberté ne réside que dans le choix et notre conscience d’avoir le choix.
Sources: